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«La ville adaptable 2»

T1 - ÉTAT-PROVIDENCE VERSUS AUTO-ORGANISATION

L’essence de la ville européenne est un certain sens du collectif. Aujourd’hui, un changement est en marche vers moins « d’État-providence » pour plus « d’auto-organisation ». Quelle nouvelle relation entre le domaine public et privé en découlera ? Qui va s’occuper du domaine public si l’État est moins impliqué ? Et qu’est-ce que cela signifie pour la pratique en tant qu’architecte ou urbaniste ?
a- Nouveau rapport au public / privé
Si les urbanistes et les architectes ne peuvent plus aujourd’hui avoir un contrôle complet à l’échelle urbaine, ils peuvent néanmoins promouvoir et établir des problématiques nouvelles pour la conception urbaine. Cela comprend et intègre la participation des usagers, et l’urbanisme coopératif peut devenir une méthodologie pour la création d’une nouvelle relation entre public et privé. Au lieu donc de la dichotomie traditionnelle, l’enjeu est de souligner et promouvoir les co-stratégies : la coopération, la collaboration, la co-programmation, la co-conception… Interventions à petite échelle, initiatives bottom-up, constructions coopératives, projets réalisés avec des fonds privés... C’est un changement d’attitude dans l’urbanisme qui devient plus ouvert et perspicace.
b- Mission entrepreneuriale des jeunes
architectes
Les jeunes professionnels peuvent voir ces changements comme une chance de repenser leur rôle, en impliquant dans les projets de nouveaux acteurs venant de la société civile (ha-bitants, etc.) ou des groupes qui s’intéressent à certains aspects du bien public (syndicats d’agriculteurs, associations de cyclistes...) Le rôle des jeunes professionnels sera davantage tourné vers l’animation d’équipes que vers le service d’un puissant client. L’architecte ou l’urbaniste doit développer un sens de l’entreprise : lancer des projets de construction de logements collectifs dans diverses villes ou régénérer des bâtiments vides à l’initiative d’un collectif. L’architecte a un rôle proactif en faisant équipe avec certains acteurs écono-miques pour lancer le projet avec eux.
c- Garder la main pendant la crise
Considérer la ville non pas comme une victime passive de la crise, mais comme un champ d’activité productive peut favoriser de nouveaux types alternatifs de développements : une sorte « d’urbanisme performatif », comme construire des installations temporaires ou mettre en place de nouveaux programmes socio-culturels dans les sites abandonnés pour revitaliser la ville. Architectes et urbanistes, à partir d’une connaissance des « besoins » de la ville, pourraient proposer le programme ou mettre en évidence l’intervention stratégique par eux-mêmes et, par la suite, définir un financement par l’économie participative par exemple et concevoir un projet qui tient compte de ces conditions.
Conséquences pour Europan
Ces nouvelles logiques des acteurs entre initiatives privées et publiques doivent être prises en compte dans les sites d’Europan 13 et le rôle donné aux concepteurs peut être élargi.
Cela signifie que :
- les sites, tout en étant liés à des acteurs pu-blics, peuvent également impliquer des partenaires privés de différents types : propriétaires, maîtres d’ouvrage et usagers qui peuvent devenir des partenaires dès le démarrage du concours et jouer un rôle actif dans les processus de réalisation après le concours ;
- les sites doivent formuler des recommandations sur les autres partenaires que les concurrents peuvent ou doivent intégrer dans leurs réponses : économistes, managers urbains, etc. Cette approche multidisciplinaire associant des compétences suivant les contextes est essentielle pour permettre l’émergence de l’esprit d’entreprise associé à la conception ;
- mais pour atteindre cet objectif, les sites proposés dans un contexte d’incertitude sur leur devenir peuvent aussi laisser une flexibilité aux concepteurs pour formuler des projets stratégiques proposant des associations d’acteurs et des montages d’opérations inédits.

T2 - SÉGRÉGATION VERSUS PARTAGE

Le partage est un enjeu de la conception et de la régénération d’une ville adaptable : partage des espaces, expertises, valeurs, imaginaires ; pas seulement un idéal, mais aussi un repositionnement pour une économie et une société performatives d’un autre type.
Le partage à l’échelle urbaine participe à l’enrichissement de coexistences entre différentes cultures : préserver le collectif tout en inventant une nouvelle organisation de la société plus appropriée. Le partage peut-il être un moyen de développer des solutions moins chères et plus légères pour construire une ville écologique et durable ? Peut-il être un moyen de co-régénérer les milieux habités ?
Les figures de partage constituent un antidote contre une forte tendance à l’individualisme et contre un excès de division et d’artificialité. Des figures du partage émergent qui consti-tuent des pistes de projet et de « capacités à faire ». Partager peut-il aider à accompagner les changements et à favoriser des « frictions productives » respectant l’autre dans d’autres formes d’activation de la citoyenneté ?
a- La figure de la solidarité pour accroître le partage actif
Installer de la solidarité entre des types différents de personnes à l’échelle urbaine a une dimension culturelle. En d’autres termes, un investissement dans l’engagement social actif permet la création d’un commun entre une diversité croissante de la population dans les villes.
Conséquences pour Europan
Chaque dossier de site peut encourager les participants (villes, utilisateurs, aménageurs de sites, jeunes concepteurs) à construire un ima-ginaire d’une solidarité et d’un partage actif au-delà de la seule représentation des objets, en mettant en relation résultat final et processus de fabrication.
b- Le partage en augmentant l’accessibilité aux équipements urbains
Les équipements et les services urbains sont des générateurs du sens du partage et d’appartenance à l’échelle de proximité des quartiers. Mais trop souvent, les règles de sécurité et la gouvernance fragmentée transforment ces infrastructures en enclaves mono-fonctionnelles isolées.
Conséquences pour Europan
Les sites doivent permettre d’offrir des alternatives d’usages et de relations spatiales pour la proximité. Le partage du temps, grâce à la réversibilité ou l’évolution d’usage, augmente l’accessibilité et ajoute de nouveaux rôles urbains à ces services (écoles, installations sportives, centres commerciaux, transports en commun, routes, etc.) Les sites doivent permettre d’accroître l’accessibilité pour des usages alternés.
c- Partage pour réduire l’autosuffisance
La crise met en évidence la nécessité de concevoir et gérer l’espace avec moins de ressources. Elle contribue à briser la bulle consumériste autosuffisante et permet d’introduire une dimension collective dans la quotidienneté urbaine.
Conséquences pour Europan
Les sites d’Europan peuvent proposer de nouveaux programmes qui encouragent ce genre de partage. Par exemple, les personnes à la retraite, vivant seules et ne pouvant payer pour des équipements séparés engendrent de nouveaux développements résidentiels aux servi-ces communs. Ou bien le covoiturage diminue les voitures dans la ville en augmentant les possibilités d’utilisation des espaces publics libérés.
d- Partage entre humains et non-humains
La suffisance énergétique et la réversibilité des actions humaines nécessitent de repenser de nouvelles alliances entre les acteurs humains et les acteurs non-humains : entre les personnes, les ressources naturelles, les animaux, la technologie, etc. En créant une diversité d’associations, ce partage modifie la représentation des acteurs dans la fabrication de l’environnement urbain.
Conséquences pour Europan
Les dossiers de sites d’Europan doivent proposer de nouvelles représentations du partage dans l’espace urbain des acteurs humains et non-humains, de leurs conflits ou convergences d’intérêts réels et de leurs priorités.

T3 - OBJET VERSUS PROJET (PROCESSUS)

Avec des outils de communication et des réseaux sociaux en développement rapide, notre culture est moins basée sur les objets, et ce phénomène affecte l’architecture et l’urbanisme. De nombreux jeunes architectes émergent mettant en oeuvre des projets avec moins d’objets physiques, mais où la portée des projets est aussi importante que les objets impliqués. Les objets peuvent déjà exister en partie, et le projet concerne alors surtout la gestion de l’existant, portant aussi sur des constructions sociales, élaborant un contexte et posant la question d’un « urbanisme avec moins de, voire sans croissance ».
a- Des contextes et pas seulement des sites
Le projet peut devenir comme une « couche » de plus sur un contexte, sans un plan formel prédéfini pour l’intervention sur le terrain - le contexte alors peut être aussi social, culturel ou économique, non plus seulement physique.
Conséquences pour Europan
Les dossiers de sites doivent comprendre des« cartographies » d’un contexte autour des questions d’identité, de proximité, de production, de relations sociales voire de conflits générationnels… Les questions posées doivent permettre des projets stratégiques, des projets « feuilles de route ». Certains sites peuvent être de petite taille pourvu que leur mutation soit stratégique pour un contexte plus large.
Certains sites peuvent encourager une approche upcycling, non pas un simple recyclage, mais plutôt en le prenant comme il est, comme matière première pour l’intégrer dans un cycle de production plus élevé.
b- Innovation programmatique
Une question ouverte peut entraîner une réponse inattendue. Il pourrait y avoir de la place dans le projet pour l’innovation programmatique, en redéfinissant la relation entre le programme et le support physique – la question et la réponse pouvant concerner la reprogrammation d’un existant.
Conséquences pour Europan
De nouveaux agents dans la production et la gestion de l’espace (autres que le trio classique promoteur-concepteur-utilisateur) peuvent être convoqués, à la fois dans les questions et dans les réponses. Un projet peut être basé davantage sur qui va s’asseoir autour de la table, sur la construction sociale plus que sur la construction physique uniquement.
c- Nouveau processus de mise en oeuvre
Se concentrer sur le projet dans sa dimension d’appropriation plutôt que sur l’objet peut impliquer une redéfinition du processus de mise en oeuvre.
Conséquences pour Europan
Certains sites peuvent avoir un besoin de projets plus incrémentiels, à développer étape par étape, avec des perspectives différentes dans le temps, du court au long terme, des projets redéfinissables, capables de changer de direction en fonction des résultats des premières étapes. Permettre de multiples petites interventions, étalées dans le temps ou dans l’espace, oblige à repenser les procédures pour un nouveau type d’urbanisme léger.
d- Une représentation innovante
Comment décrire un contexte social, une question d’identité ? Que donner comme information pour susciter la recherche d’espaces d’opportunité ? Et dans ce contexte, des formes de représentation inhabituelles doivent surgir, car un rendu classique de projet peut ne pas être très adapté pour décrire ce type de projets/processus.
Conséquences pour Europan
Les dossiers de sites devront fournir des informations dans des formes innovantes. Mais on peut aussi inciter dans les réponses à utiliser de nouveaux langages graphiques. Cela peut ne pas être facile, une mauvaise interprétation est possible... mais un rendu clinquant peut encore plus conduire à une mauvaise impression !

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